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● Prêt immobilier

Vous gagnez en francs, vous empruntez en euros

Les banques françaises n'accordent pas la même valeur à un revenu suisse qu'à un revenu français. Mesurez ce que cette décote vous coûte, puis ce que change la devise du prêt.

Deux obstacles, pas un seul

Le premier fixe ce que vous pouvez emprunter, le second ce que le prêt vous coûtera. Ce simulateur traite les deux, parce qu'ils se répondent.

10 à 30% de décote
Obstacle 1 · une fois, au dépôt du dossier

Pour se prémunir d'une baisse du franc, la plupart des banques françaises ne retiennent qu'une fraction d'un salaire perçu en Suisse. Le taux n'est publié nulle part et varie d'un établissement à l'autre : à revenu identique, il peut retrancher plus de cent mille euros à une capacité d'emprunt.

Salaire
100 %
Retenu
70 à 90 %
300conversions
Obstacle 2 · chaque mois, pendant 25 ans

Si vous empruntez en euros alors que vous êtes payé en francs, vous convertissez à chaque échéance : c'est le prêt en euros qui vous expose au risque de change, pas celui en francs. Un prêt en devise adosse la dette à la monnaie de vos revenus, mais la loi le réserve à certains profils.

Illustration : la mensualité d'un prêt en euros bouge avec le franc ; celle d'un prêt en francs, non.

Votre prêt immobilier de frontalier

Ce que la banque retient réellement de vos revenus suisses, et ce que la devise du prêt change sur son coût en francs gagnés.

1 CHF = 1,0713 € · taux interbancaire à 18:35

Capacité d'emprunt —
Revenu retenu
—
Mensualité maximale
—
Votre hypothèse : aucune banque ne publie la sienne.
Vous · 20 %
Sans décote— Décote 30 %—

Plafond d'endettement de 35 % assurance comprise et durée limitée à 25 ans : normes du Haut Conseil de stabilité financière, contraignantes pour les banques françaises depuis le 1er janvier 2022.

Prêt en euros

Exposé au change
Mensualité, en francs gagnés
—
Coût total, au cours du jour
—

Prêt en francs

Dans votre devise
Mensualité, dans votre devise
—
Coût total, en francs
—

Le coût du prêt en euros, selon le franc

Vos revenus sont en francs, vos mensualités en euros : chaque mois, vous convertissez. C'est le prêt en euros qui porte le risque de change, pas celui en francs.

Amplitudes illustratives et sans probabilité : ±10 % correspond à une dérive pluriannuelle ordinaire, ±20 % à l'ordre de grandeur du 15 janvier 2015, quand la Banque nationale suisse a abandonné son cours plancher. Ce ne sont pas des prévisions. Sur la dernière décennie, le franc s'est renforcé, ce qui a joué en faveur des emprunteurs payés en francs — c'est un constat passé, il aurait pu en être autrement.

Vos mensualités se paient en euros, vos revenus tombent en francs : le coût de cette conversion se joue tous les mois, pendant toute la durée du prêt.

Voir les taux de change CHF/EUR

Vos réponses

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① Pourquoi votre salaire suisse est décoté

Une banque française prête en euros et se rembourse en euros. Un salaire versé en francs suisses lui fait courir un risque : si le franc baisse, votre capacité de remboursement diminue sans que votre situation change. Pour s'en prémunir, la plupart des établissements ne retiennent qu'une fraction du salaire converti.

Cette décote va couramment de 10 à 30 %. Elle n'est publiée nulle part, varie d'un établissement à l'autre, et parfois d'un dossier à l'autre selon l'ancienneté du contrat suisse, la stabilité de l'emploi ou l'apport. C'est pourquoi le simulateur vous laisse la régler : c'est une hypothèse de travail, pas une règle officielle.

À savoir : le taux de conversion retenu par la banque n'est pas non plus celui du marché. Beaucoup appliquent un cours prudent, parfois une moyenne sur douze mois, ce qui abaisse encore le revenu pris en compte.

② Les règles qui plafonnent votre capacité

Deux limites s'imposent aux banques françaises depuis le 1er janvier 2022, fixées par le Haut Conseil de stabilité financière :

  • un taux d'endettement de 35 % maximum, assurance emprunteur comprise ;
  • une durée de 25 ans maximum, portée à 27 ans lorsque l'entrée dans le logement est différée (construction, travaux importants).

Les banques disposent d'une marge de flexibilité sur une part limitée de leur production, réservée en priorité à l'achat de la résidence principale. Ne comptez pas dessus pour bâtir votre plan de financement.

Ces deux limites s'appliquent au revenu après décote : c'est la combinaison des deux qui fixe le montant réellement empruntable, et c'est exactement ce que calcule le simulateur ci-dessus.

③ Euros ou francs : où se loge le risque de change

Le réflexe courant est de penser qu'un prêt en francs serait « risqué ». C'est l'inverse quand vos revenus sont en francs. Avec un prêt en euros, vous convertissez des francs en euros à chaque échéance, pendant toute la durée du prêt : si le franc baisse, la même mensualité vous coûte davantage de francs. Avec un prêt en francs, la dette est libellée dans la monnaie de vos revenus et cette conversion disparaît.

Le risque ne disparaît pas pour autant : il se déplace. Un prêt en francs redevient exposé si vos revenus cessent d'être en francs — perte d'emploi en Suisse, retour à un emploi en France, retraite versée en euros. C'est le scénario à examiner avant de signer.

Le graphique du simulateur chiffre cet écart. Les amplitudes affichées sont illustratives et ne sont pas des prévisions.

⚠ À ne pas négliger : chaque conversion a un coût. Entre le cours interbancaire et celui appliqué par un établissement, l'écart se répète 300 fois sur vingt-cinq ans.

④ Qui peut emprunter en francs

Le prêt en devise n'est pas ouvert à tous. L'article L313-64 du Code de la consommation le réserve à l'emprunteur qui déclare percevoir principalement ses revenus, ou détenir un patrimoine, dans la devise du prêt. Les seuils sont fixés par le décret n° 2014-544 : plus de la moitié des revenus annuels, ou un patrimoine supérieur à 20 % du montant du crédit. Une seule des deux conditions suffit.

La loi prévoit une autre voie : le prêt peut être accordé si le risque de change n'est pas supporté par l'emprunteur, c'est-à-dire si la banque le prend à sa charge. En pratique, cette formule reste rare.

Remplir la condition légale ne crée aucun droit : chaque établissement décide, et tous ne proposent pas ce type de prêt. Le test de la page vous dit seulement si la loi vous l'autorise.

⑤ Préparer son dossier

Ce qu'un frontalier a intérêt à réunir avant le premier rendez-vous :

  • Trois derniers bulletins de salaire suisses et le contrat de travail, avec la date d'embauche : l'ancienneté pèse sur la décote retenue.
  • Les relevés du compte sur lequel le salaire est versé, en francs comme en euros.
  • Les avis d'imposition français, et le montant des crédits en cours, qui s'imputent directement sur les 35 %.
  • L'apport disponible, en précisant sa devise : un apport en francs peut servir à remplir la condition de patrimoine du prêt en devise.

Pensez enfin à comparer sur le TAEG, et non sur le taux nominal saisi dans le simulateur : l'assurance emprunteur, les frais de dossier et de garantie changent le classement de deux offres proches.

FAQ prêt immobilier frontalier

Parce qu'elle prête en euros et se rembourse en euros : un salaire en francs lui fait porter un risque de change. Elle applique donc une décote, couramment de 10 à 30 %, et souvent un cours de conversion prudent. Ni le taux ni le cours ne sont publics, et ils varient d'un établissement à l'autre.
Oui, si vous remplissez l'une des deux conditions de l'article L313-64 du Code de la consommation : percevoir plus de la moitié de vos revenus annuels dans cette devise, ou détenir un patrimoine supérieur à 20 % du montant du crédit. Une seule suffit. Mais la loi n'oblige personne : chaque banque décide, et toutes n'en proposent pas.
Non. Il supprime la conversion mensuelle tant que vos revenus restent en francs, ce qui est son intérêt principal. Mais son taux peut être différent, et le risque revient si vos revenus changent de monnaie : perte d'emploi en Suisse, retour en France, ou retraite versée en euros. Le simulateur compare les deux au cours du jour ; le graphique montre ce que devient l'écart si le franc bouge.
Si votre prêt est en euros, votre mensualité ne change pas en euros, mais il vous faut plus de francs pour la payer : c'est une perte de pouvoir d'achat mensuelle, répétée jusqu'à la fin du prêt. Si votre prêt est en francs, la mensualité ne bouge pas. Les amplitudes du graphique (±10 % et ±20 %) sont des ordres de grandeur observés par le passé, pas des prévisions.
L'apport est pris pour sa valeur convertie au moment de l'opération, il n'est pas décoté comme un revenu. En revanche, un apport détenu en francs peut servir à remplir la condition de patrimoine qui ouvre le prêt en devise, s'il dépasse 20 % du montant emprunté.
Non. C'est une estimation : la décote est votre hypothèse, les taux saisis sont des taux nominaux, distincts du TAEG qui seul permet de comparer deux offres, et l'assurance emprunteur n'est prise en compte que forfaitairement. Aucun établissement n'est nommé ni engagé. Pour une étude personnalisée, parlez-en à un conseiller.

Pourquoi la banque ne retient-elle qu'une partie de mon salaire suisse ?

Parce qu'elle prête en euros et se rembourse en euros : un salaire en francs lui fait porter un risque de change. Elle applique donc une décote, couramment de 10 à 30 %, et souvent un cours de conversion prudent. Ni le taux ni le cours ne sont publics, et ils varient d'un établissement à l'autre.

Puis-je emprunter en francs suisses en habitant en France ?

Oui, si vous remplissez l'une des deux conditions de l'article L313-64 du Code de la consommation : percevoir plus de la moitié de vos revenus annuels dans cette devise, ou détenir un patrimoine supérieur à 20 % du montant du crédit. Une seule suffit. Mais la loi n'oblige personne : chaque banque décide, et toutes n'en proposent pas.

Un prêt en francs est-il toujours plus avantageux ?

Non. Il supprime la conversion mensuelle tant que vos revenus restent en francs, ce qui est son intérêt principal. Mais son taux peut être différent, et le risque revient si vos revenus changent de monnaie : perte d'emploi en Suisse, retour en France, ou retraite versée en euros. Le simulateur compare les deux au cours du jour ; le graphique montre ce que devient l'écart si le franc bouge.

Que se passe-t-il si le franc baisse pendant mon prêt ?

Si votre prêt est en euros, votre mensualité ne change pas en euros, mais il vous faut plus de francs pour la payer : c'est une perte de pouvoir d'achat mensuelle, répétée jusqu'à la fin du prêt. Si votre prêt est en francs, la mensualité ne bouge pas. Les amplitudes du graphique (±10 % et ±20 %) sont des ordres de grandeur observés par le passé, pas des prévisions.

La décote s'applique-t-elle aussi à mon apport ?

L'apport est pris pour sa valeur convertie au moment de l'opération, il n'est pas décoté comme un revenu. En revanche, un apport détenu en francs peut servir à remplir la condition de patrimoine qui ouvre le prêt en devise, s'il dépasse 20 % du montant emprunté.

Le résultat du simulateur est-il contractuel ?

Non. C'est une estimation : la décote est votre hypothèse, les taux saisis sont des taux nominaux, distincts du TAEG qui seul permet de comparer deux offres, et l'assurance emprunteur n'est prise en compte que forfaitairement. Aucun établissement n'est nommé ni engagé. Pour une étude personnalisée, parlez-en à un conseiller.

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